Doha 2025 : La RDC et l’AFC/M23 posent les bases d’une paix possible
Le 15 novembre 2025 à Doha, un pas important a été franchi dans le long chemin vers la paix à l’Est de la République Démocratique du Congo. La RDC et l’AFC/M23 ont signé un Cadre pour un Accord de Paix Global, une feuille de route qui définit les principes, les engagements et les mécanismes nécessaires à la construction d’un accord de paix final.
L’emploi du terme « cadre » plutôt que « accord » est significatif. Il souligne que le texte est une étape préparatoire organisant le processus de paix, et non encore un règlement définitif. Cependant, il démontre une volonté commune d’avancer vers la désescalade, ce qui est inédit depuis longtemps.
Un engagement à mettre fin aux hostilités
À Doha, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à :
- maintenir le cessez-le-feu,
- mettre fin aux hostilités,
- s’attaquer aux causes profondes du conflit, notamment les tensions communautaires, la lutte pour les ressources et l’ingérence étrangère.
Cet engagement mutuel ouvre la voie à une phase de transition qui devra être suivie avec la plus grande rigueur.
Huit protocoles pour structurer le processus de paix
Le Cadre signé repose sur huit protocoles majeurs, qui détaillent les actions à entreprendre dans les mois à venir :
- Mécanisme d’Échange de Prisonniers, garantissant la restitution des personnes détenues par les deux camps.
- Mécanisme de Suivi et de Vérification du Cessez-le-feu, chargé d’évaluer le respect du calme sur le terrain.
- Extension de l’accès humanitaire, indispensable dans un contexte où des millions de civils restent en détresse.
- Restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées.
- Désarmement, démobilisation et réintégration des groupes armés.
- Retour sécurisé des déplacés internes et des réfugiés.
- Reconstruction économique et relance des activités locales.
- Justice, réparations et réconciliation, pour restaurer la confiance et briser les cycles de violences.
Ces protocoles constituent l’ossature du futur accord de paix, qui devra formaliser et renforcer chacun de ces engagements.
Les Justes du Congo saluent une étape importante, mais restent vigilants
Pour les Justes du Congo, cette signature représente une avancée notable, une lueur d’espoir dans un contexte de violences persistantes et de souffrances immenses.
Toutefois, nous rappelons que la véritable mesure de cet engagement se jugera sur sa mise en œuvre.
Les décennies de conflits dans l’Est du Congo nous ont appris que les textes ne suffisent pas : seule l’application réelle, immédiate et transparente de ces engagements pourra ouvrir la voie à une paix durable.
Les Justes du Congo appellent donc :
- à la mobilisation de la communauté internationale pour garantir le respect du cessez-le-feu,
- à la protection impérative des civils, en particulier les femmes et les enfants,
- et à une justice indépendante, capable de traiter les crimes de guerre et les violences sexuelles qui ravagent la région.
L’avenir dira si les engagements pris le 15 novembre 2025 seront tenus.
Les Justes du Congo, aux côtés de la société civile congolaise et internationale, resteront mobilisés pour que cette opportunité se transforme en réalité.