Le Sénateur Bulakali révèle un système structuré de destruction de l’enfance en RDC

Le 28 juin 2025, dans le cadre d’un colloque tenu au Palais Bourbon, le sénateur congolais Aristide BULAKALI, élu du Sud-Kivu et membre actif de l’organisation Les Justes du Congo, a livré une intervention bouleversante sur un sujet trop souvent relégué au second plan des débats internationaux : la maltraitance, l’exploitation et la traite des enfants en République démocratique du Congo (RDC).

Mais derrière les faits, ce discours propose une lecture radicale et dérangeante : ces violences ne sont pas de simples conséquences du conflit. Elles en sont les outils.

Un phénomène structurel, pas accidentel

Le Sénateur pose un constat sans appel : les violences faites aux enfants en RDC ne sont ni fortuites, ni uniquement liées à la pauvreté ou à l’instabilité. Elles relèvent selon lui d’une stratégie de guerre délibérée, orchestrée notamment par le Rwanda, à travers des groupes armés tels que l’AFC/M23, pour affaiblir durablement le pays.

« Détruire l’enfant pour priver le pays d’avenir. »

Trois formes de violences, un même objectif

Dans son discours, Aristide Bulakali détaille trois facettes interdépendantes de ce fléau :

1. La maltraitance

  • Enfants déplacés, orphelins, travailleurs domestiques non payés
  • Violences physiques, psychologiques, sexuelles
  • Précarité, abandon, stigmatisation (ex. : « enfants sorciers »)
  • Défaillance totale de l’autorité de l’État

Une stratégie d’effondrement social et psychique, qui désarme l’enfant face aux abus.

2. La traite

  • Forme moderne d’esclavage : recrutement, transport, vente d’enfants
  • Groupes armés, gangs, réseaux transfrontaliers (vers Rwanda, Ouganda, Tanzanie)
  • Enfants livrés à la prostitution, à la mendicité, au trafic d’organes, à la criminalité forcée

Un trafic international facilité par l’impunité, les complicités locales et la porosité des frontières.

3. L’exploitation

  • Enfants soldats, esclaves domestiques ou agricoles
  • Travail dans les mines ou les circuits de trafic
  • Mariages précoces, tourisme sexuel, violences rituelles

L’enfant devient une ressource exploitée à tous les niveaux, jusqu’au point de rupture de son humanité.

Une stratégie géopolitique d’occupation

Au cœur de l’analyse : le lien direct entre l’occupation militaire de l’Est du Congo et la destruction ciblée de la jeunesse. Pour Bulakali, il ne s’agit pas seulement de piller les ressources minières, mais de désintégrer les fondements humains de la nation congolaise, en commençant par les enfants.

« Tout commence par le viol de la mère, la destruction de la cellule familiale, le désespoir de l’enfant. »

Le silence coupable de la communauté internationale

Dans un final poignant, le sénateur interpelle les décideurs mondiaux : Pourquoi ce silence ?
Pourquoi ces résolutions sans suites ? Pourquoi continuer à financer des États complices ou à détourner le regard ?

« La neutralité profite au bourreau. »

Le plaidoyer d’Aristide Bulakali dépasse la simple dénonciation. Il appelle à :

  • Rompre le silence international
  • Sanctionner les auteurs et les complices de ces crimes
  • Traiter la maltraitance des enfants comme une priorité mondiale, au même titre que l’abolition de l’esclavage l’a été en son temps

Ce discours est plus qu’un cri d’alerte. C’est une accusation construite et une invitation à l’action collective. Il nous rappelle que derrière les chiffres, il y a des enfants. Et que derrière chaque enfant, il y a un peuple qui espère.

« Nos sociétés seront ce que nous aurons fait de nos enfants. »

Rédaction : Équipe éditoriale – Blog
D’après le discours du Sénateur Aristide BULAKALI, Paris, 28 juin 2025

Télécharger l’intervention ici

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