RDC : L’envoyée de l’ONU appelle à « ne pas perdre espoir » face aux défis de la paix à l’Est

Alors que les négociations diplomatiques se poursuivent à Doha dans le sillage de l’accord de Washington, la paix tant espérée à l’Est de la République démocratique du Congo demeure encore fragile.
Malgré la création, le 14 octobre 2025, d’un mécanisme conjoint de suivi du cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23, les affrontements continuent dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri, faisant toujours des victimes parmi les civils.
Selon l’ONU, plus de 300 personnes ont été tuées ces dernières semaines, et des villages entiers ont été vidés de leurs habitants dans les zones de Masisi et Rutshuru.

C’est dans ce contexte d’attente et de souffrance que Bintou Keita, cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), a adressé un message d’espoir aux Congolais :

« Ne perdez pas espoir. Nous savons que c’est difficile, mais nous restons à vos côtés. »

Dans un entretien exclusif accordé à ONU Info (lire l’article original ici), elle revient sur les efforts diplomatiques en cours, la place des femmes dans les processus de paix, et la mission de la MONUSCO auprès des populations déplacées et traumatisées.

Entre compassion et appel à la patience

Elle a exprimé sa compassion et sa solidarité envers les civils de l’Est du pays, saluant leur résilience malgré les souffrances quotidiennes.
Keita a rappelé que les efforts diplomatiques engagés à Washington et à Doha demeuraient essentiels pour instaurer un cessez-le-feu durable entre Kinshasa et le M23, et que les Nations Unies, le gouvernement congolais et la communauté internationale restaient déterminés à ramener la paix.

Elle a également souligné le rôle de la MONUSCO dans la protection des civils, la documentation des violations des droits humains, ainsi que le soutien à la participation des femmes aux processus de médiation.

Tout en admettant que le fossé restait grand entre la diplomatie et la réalité du terrain, l’envoyée de l’ONU a appelé les Congolais à « ne pas perdre espoir », affirmant que la paix se construit pas à pas et que la MONUSCO se prépare à accompagner la mise en œuvre du futur cessez-le-feu.

Elle a évoqué une coopération accrue avec les FARDC en Ituri, la coordination avec l’armée ougandaise, et l’importance d’un dialogue de proximité avec les communautés locales pour favoriser le désarmement et la réinsertion des ex-combattants.


L’espoir ne suffit plus !

Le Comité Les Justes du Congo (LJDC) salue les mots de compassion de Bintou Keita, mais affirme qu’il est temps de passer des messages d’encouragement aux actes concrets.

Alors que les affrontements continuent de déchirer le Nord-Kivu et l’Ituri, faisant des centaines de morts en ce mois d’octobre, le Comité estime que l’ONU ne peut plus se contenter d’observer et d’appeler à la patience.

Les Congolais n’ont plus besoin d’entendre qu’ils doivent « garder espoir » ; leur besoin immédiat est la sécurité, la justice et la vérité. Le LJDC rappelle que la compassion sans action est une forme d’abandon.

Tant que les auteurs des massacres jouiront d’une liberté de circulation et que les troupes étrangères se maintiendront sur le sol congolais, la paix restera un simple discours et non une réalité tangible.

En conséquence, le LJDC appelle la MONUSCO et les partenaires internationaux à exercer pleinement leur responsabilité. Ils doivent activement soutenir les mécanismes de justice et veiller à ce que la voix des victimes soit au cœur de toutes les négociations à venir.

Le LJDC appelle la MONUSCO et les partenaires internationaux à passer de la parole à la responsabilité, à soutenir activement les mécanismes de justice, et à faire entendre la voix des victimes dans toutes les négociations à venir.
Sans cela, l’espoir que l’ONU invite à préserver risque de se transformer, une fois de plus, en désillusion collective.


Lire l’entretien complet sur ONU Info :

👉 Aux Congolais impatients de retrouver la paix, l’envoyée de l’ONU demande de ne pas perdre espoir
(ONU Info, 3 octobre 2025 – Entretien réalisé par Jérôme Bernard)

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