Journée de l’Enfant 2025 : Appel à la mobilisation collective face à la violation du droit à l’éducation en RDC
En cette Journée internationale de l’Enfant 2025, la République démocratique du Congo fait face à une tragédie silencieuse. Alors que les conflits armés dans l’est du pays continuent de faire rage, plus de 1,6 million d’enfants sont aujourd’hui privés d’école. Cette crise de l’éducation, d’une ampleur inédite, constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux des enfants congolais. tire la sonnette d’alarme, rejoint dans son combat par les Justes du Congo, engagé pour la protection de l’enfance et le respect du droit à l’éducation pour tous.
1. Une scolarité sacrifiée par la guerre
Le conflit violent qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri a provoqué depuis janvier 2025 la fermeture de plus de 2 500 écoles, poussant 330 000 enfants supplémentaires hors du système scolaire. Les chiffres de l’UNICEF sont alarmants : de 465 000 enfants déscolarisés en décembre 2024, on est passé à 795 000 en mai 2025, et plus de 1,6 million si l’on considère l’ensemble de l’est du pays.

2. L’école, un sanctuaire indispensable
En situation de crise, l’école est bien plus qu’un lieu d’apprentissage :
- Elle constitue un espace protégé, éloignant les enfants du recrutement forcé par les groupes armés ;
- Elle offre un accompagnement psychosocial essentiel à ceux ayant subi des violences ;
- Elle permet de préserver un lien social et émotionnel, vital pour le développement des enfants.
Malgré la réouverture partielle des écoles de Goma le 9 février, la peur reste tenace chez les parents, qui préfèrent ne pas exposer leurs enfants à une insécurité persistante.
3. L’alerte de l’UNICEF et les actions déployées
L’UNICEF travaille activement à maintenir l’accès à l’éducation dans les zones affectées :
- Création d’espaces d’apprentissage temporaires ;
- Distribution de matériel pédagogique et kits d’hygiène ;
- Déploiement de programmes d’apprentissage à distance via la radio ;
- Sensibilisation aux dangers des mines et des engins explosifs dans les zones scolaires.
Mais les besoins restent immenses. L’organisation appelle à 52 millions de dollars pour soutenir 480 000 enfants dans cette urgence éducative.
4. La position des Justes du Congo : protéger l’enfance, un impératif moral et national
Les Justes du Congo, collectif rassemblant des enseignants, juristes, journalistes, psychologues, leaders communautaires et défenseurs des droits de l’enfant, ont publié une déclaration à l’occasion de la Journée de l’Enfant 2025 :
« L’enfance congolaise est en danger. Le droit à l’éducation n’est pas un luxe, c’est une condition de survie. Fermer une école, c’est ouvrir la voie à la violence, à l’exploitation, à la désespérance. Nous appelons l’État congolais, les groupes armés et la communauté internationale à respecter l’école comme un sanctuaire inviolable. »
Le collectif demande :
- La démilitarisation immédiate des établissements scolaires ;
- L’intégration de l’éducation comme priorité absolue dans tous les accords de paix ;
- Le déploiement d’unités de protection de l’enfance autour des zones scolaires ;
- Et un plan national d’urgence pour la relance scolaire post-crise.
Pour chaque enfant, une école. Pour chaque école, une protection.
À travers l’appel de l’UNICEF et l’engagement des Justes du Congo, une exigence commune émerge : sauver l’avenir. Chaque enfant privé d’école aujourd’hui risque d’être privé d’un avenir demain. En RDC, l’éducation est la première ligne de défense contre l’effondrement social et moral d’une génération déjà trop meurtrie.
Cette Journée de l’Enfant 2025 doit être un tournant. Un signal fort. Un engagement ferme. Car il ne s’agit pas seulement d’éducation, il s’agit d’humanité.
- Source : UNICEF – « En RDC, plus de 330 000 enfants supplémentaires privés d’éducation en raison de la violence », communiqué du 17 février 2025.