Situation sécuritaire à Uvira : analyse du Sénateur Aristide BULAKALI
Uvira a connu une occupation par l’AFC/M23 fin 2025, suivie d’un retrait progressif (annoncé et partiellement effectif en janvier 2026), puis d’une reprise en main par les forces gouvernementales aujourd’hui même, mais avec une persistance de violences, pillages et tensions communautaires très fortes. La ville reste sous haute tension, avec un risque d’infiltrations ou de nouvelles exactions.
Dans cet entretien, l’Honorable Sénateur Aristide Bulakali, membre du Comité Les Justes du Congo, livre son analyse de la situation et adresse un message fort à la population.
Quelle est la situation actuelle ?
Selon l’Honorable Sénateur, le régime rwandais organise la déportation de membres de la communauté Banyamulenge. Il exerce une très forte pression sur les familles et les notables de cette communauté.
La pression est telle que beaucoup ont commencé à céder. Toutefois, certaines familles Banyamulenge refusent et tiennent, coûte que coûte, à rester en République démocratique du Congo.
Entre-temps, le régime rwandais organise des escadrons rwandais auxquels il associe de faux Wazalendo ainsi que des Congolais instrumentalisés, afin de semer la mort au sein de la communauté Banyamulenge et parmi les collaborateurs.
Il y a lieu de craindre le pire. Des informations font déjà état de maisons appartenant à des Banyamulenge ayant accepté la déportation, pillées et détruites. Tout doit être fait pour ne pas tomber dans le piège du régime rwandais.
Ce dernier cherche à se donner des prétextes pour intervenir à nouveau à Uvira et dans d’autres agglomérations, sous le fallacieux motif d’« arrêter un génocide ».
« Nous les avons vaincus à Uvira, évitons leur piège. »
1. L’ennemi a-t-il quitté Uvira ?
L’ennemi a bel et bien quitté Uvira-ville et la cité. En revanche, il est actuellement présent à Sange, avec tous ses hommes et tout son arsenal.
La cité de Sange, située dans la plaine de la Ruzizi, se trouve à environ 30 kilomètres de la ville d’Uvira.
2. Qui occupe présentement la ville d’Uvira ?
Personne ne peut affirmer avec précision quelle force occupe actuellement Uvira.
Ce qui est certain, c’est que ni les FARDC, ni les Wazalendo n’y sont encore officiellement entrés.
Certains bruits font état de la présence de petits groupes du M23 dans certains coins de la ville. Ces informations restent à vérifier, car certaines sources les confirment tandis que d’autres les démentent.
Les FARDC et le gros des Wazalendo seraient positionnés sur les collines surplombant la ville, donnant l’impression qu’ils attendent des consignes.
Il s’agit là d’une raison suffisante pour affirmer que le danger n’est pas totalement écarté.
3. Quel est l’état de la sécurité à Uvira pour l’instant ?
Une forme de chaos s’est installée. Après les pillages commis par l’occupant en fuite, d’autres actes de pillage sont perpétrés par une partie de la population et par certains groupes se réclamant des Wazalendo.
Ce chaos est généralisé dans la ville, bien qu’il n’y ait pas de coups de feu signalés. Les chefs Wazalendo Kuruninga et Landa Bango sont sur les lieux, et leurs hommes ne sont pas innocents dans le désordre observé.
4. Peut-on dire que la menace est définitivement écartée ?
Tout en restant optimistes, il ne faut pas être naïfs. L’ennemi n’est qu’à 30 kilomètres. Il est parti avec une profonde frustration et cherche un prétexte pour revenir.
Il lui a été demandé de se replier vers Kamanyola, son point de départ avant l’attaque. Or, il s’est installé massivement à Minembwe, Bibokoboko, Lemera et dans d’autres collines d’Uvira.
Il demeure dans la plaine de la Ruzizi, toujours en face du Burundi et d’Uvira.
La menace subsiste, et la pression doit se poursuivre.
5. Quel est l’état d’esprit de la population ?
L’état d’esprit de la population est très bon. Elle remercie le Félix Tshisekedi pour son action sur le plan diplomatique. Beaucoup estiment qu’il a permis d’éviter une humiliation majeure.
La population reste confiante, mais vigilante. Elle aspire à la reconquête totale d’Uvira, puis de Bukavu et Goma.
6. Quel message souhaitez-vous adresser aux populations d’Uvira et de la RDC ?
« Très chers compatriotes d’Uvira, pole sana ! »
L’ennemi vient d’être vaincu et écarté grâce à la force et à l’intelligence de notre détermination collective. Le sacrifice consenti a été à la hauteur des enjeux et des défis.
Vous méritez nos félicitations, notre admiration et l’estime de notre génération. L’histoire et les générations futures se souviendront de vous.
Vous avez démontré qu’en vous appuyant sur le Président Tshisekedi, en donnant tout pour Uvira, vous avez sauvé la Patrie. La stratégie du Président Tshisekedi a porté ses fruits, et le peuple d’Uvira a gagné. Soyons-en fiers.
Mais, très chers compatriotes, il reste encore beaucoup à gagner : éviter de tomber dans le piège tendu par l’ennemi.
Gagnons maintenant la guerre de la cohabitation pacifique, celle du patriotisme structurant et des défis relevés.
Le Président Tshisekedi a agi, vous avez suivi. Investissons-nous davantage pour que Bukavu et Goma suivent. C’est possible : le Président l’a démontré, vous l’avez prouvé.
Entre-temps, soyons vigilants et agissons comme un peuple civilisé, porteur de valeurs.
Le régime rwandais s’active pour perpétrer un massacre contre les Banyamulenge et les collaborateurs congolais, et cherche à en faire porter la responsabilité aux Wazalendo, aux FARDC et à la population.
Faisons tout pour ne pas tomber dans ce piège.
Pas de chasse à l’homme, pas de vengeance.
Laissons la sanction à Dieu et à l’État.
Que vive la Patrie !
Que vive le garant de la Patrie, le Président Tshisekedi !
Que vive Uvira, Bukavu et Goma !
Que vive la RDC, unie et prospère !